21.01.2010
TIMING IST ALLES
[Mis à jour] Timing ist alles - Le timing c'est le plus important - écrit la terroriste dans l'excellent thriller télévisuel allemand Adrenalin (1996). Presque une semaine après la publication du livre The Writer's Tale: The Final Chapter, par Russell T Davies & Benjamin Cook, est venue cette info selon laquelle l'ex-patron de la franchise Doctor Who mijote une version US de Torchwood (la série dérivée de Who) avec Jane Tranter et Julie Gardner - responsables importants de la BBC travaillant maintenant à Los Angeles.
Et le moins que l'on puisse dire est que la réaction des fans à cette annonce est, pour reprendre une litote victorienne, "pas amusée". Après une liste affreusement longue de tentatives infructueuses de remakes américains de classiques de la télé britannique (comme Life on Mars US), la perspective d'une américanisation de Torchwood semble inspirer partout la consternation. Même avec le possible retour de John Barrowman en Capitaine Jack (qui pourrait jouer Jack de toute manière? L'imitateur Jon Culshaw?)
Le spécialiste du Whoniverse et expert en matière de culture populaire britannique (entre autres) Frank Collins vient d'écrire une critique de The Writer's Tale: The Final Chapter sur son blog et, comme toujours, la lecture de cet article est indispensable.
Pendant que nous y sommes, des nouvelles du doublage de Doctor Who, il reprend mi-février à Bruxelles pour les trois derniers spéciaux et l'excellent auteur de doublage François Dubuc vient de se voir confier l'adaptation de The End of Time 1 & 2.
http://cathoderaytube.blogspot.com/2010/01/writers-tale-f... (En Anglais)
MAJ: Un article intéressant sur WalesOnline (http://www.walesonline.co.uk/showbiz-and-lifestyle/showbi...).
Voir également:
http://thierryattard.20minutes-blogs.fr/archive/2010/01/1...
http://thierryattard.20minutes-blogs.fr/archive/2009/02/2...
http://thierryattard.20minutes-blogs.fr/archive/2010/01/0...
http://thierryattard.20minutes-blogs.fr/archive/2010/01/0...
http://thierryattard.20minutes-blogs.fr/archive/2010/01/0...
18:30 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bbc, blog, doctor who, frank collins, russell t. davies, séries, torchwood
19.01.2010
TORCHWOOD LOS ANGELES
[17.00] Lu sur Broadcast: Russell T. Davies a écrit le scénario du pilote d'un remake US de Torchwood, la série dérivée de Doctor Who, pour BBC Worldwide Productions aux Etats-Unis et le réseau américain Fox.Jane Tranter, anciennement responsable des fictions à la BBC et maintenant vice-présidente de la programmation et de la production chez BBC Worldwide America à Los Angeles, et Julie Gardner - ex-productrice exécutive sur la franchise Doctor Who, également installée à L.A. - sont impliquées dans le projet (http://www.broadcastnow.co.uk/news/international/torchwoo...).
La question est: est-ce que John Barrowman, bien établi aux Etats-Unis, va reprendre le rôle du Capitaine Jack Harkness pour la version de la Fox? Ayant à l'esprit les précédents de quelques pilotes pour des remakes américains de Red Dwarf (http://www.tvobscurities.com/articles/reddwarfusa.php) ou Spaced (http://www.televisionaryblog.com/2008/05/where-pilots-go-...), permettez moi donc d'exprimer mes réserves.
La branche production de BBC Worldwide à Los Angeles a également en chantier un projet de série policière pour le réseau ABC (http://thierryattard.20minutes-blogs.fr/archive/2009/11/0...).
Voir aussi: http://thierryattard.20minutes-blogs.fr/archive/2010/01/2...
18:05 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bbc, doctor who, jane tranter, julie gardner, russell t. davies, séries, torchwood
26.12.2009
DOCTOR WHO - THE END OF TIME PART 1 - CRITIQUE (CATHODE RAY TUBE)
Le seul article critique à propos de la première partie du spécial de Doctor Who que votre humble serviteur attendait:http://cathoderaytube.blogspot.com/2009/12/doctor-who-end... (En Anglais)
23:02 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cathode ray tube, frank collins, bbc, david tennant, doctor who, russell t. davies, séries
25.12.2009
MASTER CHEF
Quelque chose de mauvais est sur le chemin de Noël et c'est pire que les Sycorax, les Rachnos ou le spécial de Noël de You've been Framed! (1) Est-ce notre psychopathe favori, Le Maître? L'ancien blairesque et jokeresque Premier Ministre (John Simm de retour, pour un "trip of a lifetime") est ramené à la vie par une poignée d'adorateurs avec l'assistance involontaire de Lucy Saxon (Alexandra Moen) - enfermée dans son petit Guantanamo privé.
Le processus de resurrection ne se passe pas comme prévu car maintenant Le Maître mange comme Gordon Ramsay s'exprime dans sa cuisine. Quelqu'un est néanmoins intéressé, l'écrivain renommé Joshua Naismith (David Harewood) qui observe et attend avec sa fille Abigail (Tracy Ifeachor). « Noël est annulé » dit l'homme, qui n'a pas la moindre idée de combien il a raison. Des idiots et des fous...
Le Docteur est averti du drame à venir et sa mission (il ne peut que l'accepter) est d'essayer d'arrêter son pire ennemi avec sa propre Impossible Mission Force: ce bon vieux Wilf - le grand-père de Donna (le grand Bernard Cribbins) et sa "force de frappe" d'amis retraités. Ca ne pourrait pas être pire? Pas si sûr... Donna (Catherine Tate) est fiancée et ne doit en aucun cas se rappeler du Docteur et de ses aventures avec lui. Et le Docteur sait qu'il va mourir. Bonne chance.
La fin du temps. La fin de l'ère Russell T. Davies en tant que showrunner du mythe qu'il a réinventé en 2005. Des moments magiques, des moments épiques, des triomphes, de la magnificence, des histoires formidables, des moments qui resteront dans la grande Histoire de la télévision. Des moments difficiles aussi, comme cette saison 4 décevante (au moins dans sa seconde moitié), une régénération avortée inélégante et un final terrible suivi de spéciaux inégaux.
The Next Doctor était brillant sauf que David Morrissey n'était pas ce... Next Doctor. Planet of the Dead était était - comment présenter la chose? - à oublier. Et The Waters of Mars était un vrai soulagement, même après 30 minutes d'embarassants flashbacks d'un film italien de zombies des années 1980 (bon, d'accord... Un film italien de zombies des années 1980 pour heure de grande écoute).
Le Doctor et Wilf ont de mauvais rêves et une mission. Les autres protagonistes ont leurs propres projets, leurs doux rêves. Some of them want to use you, some of them want to get used by you, etc (souvenez vous d'Eurythmics). Certains manipulent, certains sont manipulés mais le sont-ils vraiment? C'est juste une question de goût.
L'étoffe dont les rêves sont faits. L'étoffe des légendes (Timothy Dalton et June Whitfield sont de la fête). Nous verrons bien si Russell T. Davies peut "maîtriser" le cliffhanger de cette première partie. Les Toclafanes étaient des Jelly Babies comparé à ce qui arrive à la race humaine ce Noël.
Quelque chose de mauvais arrive sur le chemin de la fin du temps. Et qui en connaît plus sur le temps que le narrateur de cette histoire et son auditoire?
Sweet dreams are made of this.
(1) Vidéo Gag en plus affligeant.
22:06 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : séries, bbc, david tennant, doctor who, russell t. davies
18.11.2009
L'ALTERNATIVE DU DIABLE
Hier soir, la chaîne de la télévision numérique terrestre NRJ12 a diffusé les deux premiers épisodes de Torchwood: Les enfants de la Terre, la mini-série évènement (et saison 3 de Torchwood) diffusée l'été dernier sur BBC One au Royaume-Uni.NRJ12 conserve l'aspect évènementiel avec deux soirées spéciales (Mardi 17 et Mardi 24 novembre) et une promotion importante dans un pays où la saison 4 de Doctor Who ne sortira pas en DVD.
Les survivants de Torchwood Cardiff (après les pertes de la saison 2) vaquent à leurs "occupations courantes" lorsque tous les enfants s'arrêtent mystérieusement partout au même moment pour se livrer à un remake du Village des damnés. L'incident provoque l'émoi dans les cercles du pouvoir et John Frobisher, un officiel gouvernemental qui a une idée assez précise de ce qui est en train de se passer, en réfère au 10 Downing Street.
Mais le Premier ministre ne veut rien savoir et fait de Frobisher son agneau du sacrifice. Pendant que le capitaine Jack Harkness et son équipe offrent leur assistance au Home Office, John Frobisher choisit d'ordonner l'élimination des membres de Torchwood et envoie une impitoyable tueuse pour se débarasser de chacune des personnes impliquées. "We are coming" ("nous arrivons") crient en choeur les enfants de la Terre.
MI-5: Les enfants de la Terre? Torchwood: Children of Earth est un astucieux mélange des genres entre Michael Crichton et Frederick Forsyth avec une touche de classiques de la SF. Les clins d'oeil à l'espionnage et à la section D de Thames House sont partout dans la mini-série depuis la femme assassin à la solde du gouvernement (une espèce de Ros Myers en beaucoup moins réfléchie) jusqu'au technicien cynique qui partage avec Frobisher beaucoup de secrets et qui ressemble à une version sombre de Q dans les James Bond.
Russell T. Davies, John Fay et James Moran (les scénaristes) prennent des risques audacieux de ceux que la télévision britannique est capable de prendre au sommet de sa forme, avec des rebondissements spectaculaires voire déroutants. C'est clairement la fin de Torchwood tel que nous le connaissions et ils poursuivent l'exploration des vies personnelles de leurs personnages, allant plus loin que jamais dans leurs émotions et leurs dilemmes jusqu'au point de la tragédie.
John Barrowman (Jack), Eve Myles (Gwen), Gareth David-Lloyd (Ianto), Kai Owen (Rhys) et Tom Price (PC Andy) sont de retour. La distribution invitée est fabuleuse: Peter Capaldi - qui garde le costume de son Malcolm Tucker de la série The Thick of It (1) pour le rôle de Frobisher, Nicholas Farrell (vu il y a peu dans Collision), Lucy Cohu, etc. La bande originale, absolument magnifique, est de Ben Foster et Euros Lyn réalise.
La sortie prochaine du très attendu coffret DVD édité par Koba Films Vidéo (dont les coffrets des saisons 1 et 2 sont des réussites) permettra de savourer Torchwood: Les enfants de la Terre en version originale. Children of Earth est de la télévision brillante et sans concession. Une sorte de thriller de science-fiction littéraire pour l'écran, un chef-d'oeuvre ainsi qu'un futur classique. Et une création originale en ces temps de remakes non nécessaires.
Pas un numéro. Ne clignez pas des yeux.
(1) Un clone politique de The Office en beaucoup moins drôle.
15:25 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : children of earth, doctor who, koba, russell t. davies, séries, torchwood
26.09.2009
DAVID SPENCER, HOMME DU MONDE
Est-ce que vous saviez qu'il existe un spectacle musical tiré de La Petite maison dans la Prairie? Ce n'est pas une blague... Remarquez je l'ai d'abord cru, ma fille adore la chanson de La Planète des singes - La comédie musicale, issue d'un célèbre épisode des Simpsons (« I hate every ape I see. From chimpan-a to chimpan-zee ») (1).
La musique de Litlle House on The Praire: The Musical est de Rachel Portman et le spectacle met en vedette Melissa Gilbert - anciennement Laura dans la série télévisée. Pour être complètement honnête avec vous, cela m'offre un parfait prétexte pour vous parler d'un homme qui vient d'écrire une brillante critique de ce spectacle, Monsieur David Spencer (http://www.aislesay.com/NY-LITTLE-HOUSE.html).
David Spencer est compositeur-parolier, parolier-librettiste, et auteur de livres. C'est aussi un critique et un professeur de théâtre musical réputé. David finalise actuellement des négociations pour adapter en spectacle musical le Casanova de Russell T. Davies et depuis le 15 septembre il dirige un cours sur l'Art d'écrire le libretto du théâtre musical (http://workshoptheater.org/classes/libretto).
David Spencer est le webmaster et principal critique dramatique new-yorkais du site internet théâtral Aisle Say (http://www.aislesay.com/) - qui entame sa 15ème saison. En outre c'est un gentleman ainsi qu'un homme de grande culture et de goût.
http://www.aislesay.com/CriticBio.html
(1) « Je hais tous les singes que je vois. Du chimpan-Z au chimpan-A ». Adaptation de l'auteur de cet article.
16:16 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : aisle say, casanova, david spencer, musicals, russell t. davies
20.02.2009
DOCTOR WHO: THE WRITER'S TALE (BBC BOOKS)
Une conversation instructive, franche, chaleureuse et pleine d'humour entre Russell T. Davies, scénariste et producteur, patron de la franchise Doctor Who, et le journaliste Benjamin Cook - collaborateur régulier du Radio Times et de Doctor Who Magazine. Cette discussion se déroule entre février 2007 et mars 2008, durant une période plus que décisive pour la série télévisée à succès et ses spin-offs.LA PLUS GRANDE HISTOIRE JAMAIS CONTEE
« Renouvelé? Vraiment? C'est ça, j'ai été renouvelé. C'est grâce au TARDIS. Sans ça je ne pourrai survivre. » (Le second Docteur, Power of the Daleks, 1966)
En 1963 Sydney Newman, responsable des dramatiques à la BBC, décide de lancer une série télé de science-fiction pour enfants à caractère éducatif. Avec pour héros un mystérieux vieil homme grincheux d'origine extra-terrestre appelé Le Docteur. Ce Docteur voyage à travers l'espace et le temps avec des compagnons humains dans une cabine d'appel de la police de couleur bleue - plus grande à l'intérieur qu'à l'extérieur. Newman demande à une brillante jeune femme dénommée Verity Lambert (http://thierryattard.20minutes-blogs.fr/archive/2008/04/1...) de produire la série. Après la première histoire elle est convaincue qu'il est crucial de poursuivre avec une histoire plus spectaculaire, et choisit en dépit des réticences de Donald Wilson, responsable des séries pour la Beeb, un script de Terry Nation où Le Docteur et ses compagnons affrontent des robots démoniaques ressemblant à des poivrières: Les Daleks.
Cette décision avisée rend le programme très populaire, mais c'est une idée simple qui va confèrer à Doctor Who une longévité extraordinaire: en 1966 William Hartnell, l'acteur qui joue le Docteur, doit quitter la série. Les producteurs et le responsable des scenarii décident de "régénérer" leur personnage de vieux grincheux en une espèce de clochard chaplinesque interprété par Patrick Troughton. Cinq autres acteurs suivront sa trace (avec des costumes, des personnalités et des compagnons différents) jusqu'à l'annulation en 1989 de ce qui était devenu à travers les années une véritable institution britannique.
Doctor Who est brièvement ressuscité pour le réseau américain Fox en 1996, avec un téléfilm co-produit par la BBC et Universal Television. Puis un long métrage cinéma est envisagé mais en 2003 la Corporation pense qu'il est temps que le Docteur fasse un véritable retour à la télévision. La productrice galloise Julie Gardner, Responsable des dramatiques pour BBC Wales (BBC Pays de Galles), est contactée par Jane Tranter, contrôleur en charge des dramatiques, qui lui offre de pouvoir s'occuper de la nouvelle version de Doctor Who. Gardner appelle Russell T. Davies, scénariste et producteur né à Swansea - créateur de classiques tels que Queer as Folk, Bob & Rose ou The Second coming - et avec qui elle a travaillé sur Casanova (qui met en vedette David Tennant dans le rôle du jeune Giacomo Casanova).
THE SHAKESPEARE CODE
« Avais-tu déjà pensé, vraiment, que Doctor Who serait si important pour la BBC? C'est sans doute ce qui est tout à la fois la chose la plus folle et la plus positive. » (Russell T. Davies à Benjamin Cook)
Le nouveau Doctor Who est lançé en mars 2005. Quatre saisons, deux séries dérivées Torchwood et The Sarah Jane Adventures), deux stars - Christopher Eccleston et David Tennant - et un spécial plus tard, le nouveau Who est à la hauteur du statut de série culte de la version antérieure, en étant le navire amiral de la qualité de la télévision britannique telle que perçue dans le monde entier. La série est devenue le principal aimant à profit de BBC Worldwide, la branche commerciale de la Beeb, et suscite chaque jours plusieurs milliards de mots en rumeurs, infos, commentaires et analyses sur des sites et forums internet, et dans la presse.
Doctor Who: The Writer's Tale, est construit autour d'une correspondance d'e-mails entre Russell T. Davies, "showrunner" et scénariste en chef de Doctor Who, et le journaliste Benjamin Cook. Elle démarre en février 2007 lorsque Cook a l'idée d'un article de magazine à propos du processus scénaristique sur un ou deux épisodes de Doctor Who écrits par Davies, et au-delà de ça, à propos de l'exploration du « méticuleux processus de création ». L'auteur accepte gracieusement bien qu'il n'y ait « que très peu de traces physiques du processus scénaristique à te montrer. Pas de notes. Je pense, et pense et pense encore...» Le cheminement de la pensée est précisément ce qui intéresse Cook et ils entament ce que Davies surnomme La Grande Correspondance (« ...on pourrait même en tirer un livre »).
D'après Benjamin Cook, le poids de l'attente semble être ce qui pousse Russell T. Davies a écrire. Et les attentes sont plus fortes que jamais en ce début de 2007, après les sommets atteints par la saison 3 (la meilleure saison à ce jour) et avant la figure imposée du méga-colossal démesuré spécial de Noël (aptement "pitché" comme étant un « croisement entre Titanic dans l'espace et L'Aventure du Poseidon! ») - grand moment des vacances de Noël tant pour les fans de Who que pour les télespectateurs britanniques en général.
DOCTOR WHO CONFIDENTIAL BACKSTAGE
« Il n'y aura pas de Doctor Who cette année. Russell était trop occupé à envoyer des e-mails à Ben. » (Benjamin Cook)
Illustré par des pages de scripts, de magnifiques photos jamais vues auparavant, des notes, des messages textos, des travaux de création artistique, ainsi que les propres dessins de Davies (1), Doctor Who: The Writer's tale est le "pass All Access" pour les coulisses du nouveau Who, un Doctor Who Confidential (la série compagnon de Doctor Who) avec plus de sentiments. L' exploration de ce qui anime un des plus importants scénaristes de ce siècle lorsqu'il crèe pour une des plus populaires franchises de la télévision contemporaine. L'écriture est au coeur de la production de séries télévisées au Royaume-Uni (http://dknowsall.blogspot.com/2008/11/boob-tube-how-long-...), ce qui a ce niveau pourrait suffire à faire de The Writer's tale un document du plus grand intérêt.
« Tout ça existe dans ce grand ragoût qui est dans ma tête parce que n'importe quelle histoire peut partir dans n'importe quelle direction. Ce n'est pas tant ce qu'on écrit que ce qu'on choisit qui compte - et je suis bon lorsqu'il s'agit de faire des choix». Turn left? Cook s'embarque pour un voyage privilégié au sein des choix quotidiens du Maître Esprit, à propos chacun des aspects de la préparation et du tournage de la quatrième saison de Doctor Who: l'introduction de la nouvelle assistante du Docteur (Penny?) mais « Est-ce qu'on peut faire revenir Donna [Noble, interprétée bien sûr par Catherine Tate] pour quelques épisodes » - demande Jane Tranter, les vedettes invitées pour le spécial (David Jason ou le Dennis Hopper? Kylie Minogue... « Oui. Kylie Minogue! Ha ha ha ha »), un script se passant durant la Duexième guerre mondiale par Mark Gatiss, des scripts en retard pour The Sarah Jane Adventures, le retour annuel d'une némésis de l'équipe de Torchwood, une race extra-terrestre "trop Primeval", etc... Et lorsqu'arrive le sujet de Russell T. Davies déclinant l'offre de s'occuper d'une cinquième saison (« Ce n'est pas une question d'argent, et tant Jane que Julie [Gardner] le savent »), le livre se transforme en la chronique journalière de l'Année de tous les dangers pour le programme le plus célébré de la télévision britannique.
VOYAGE OF THE DAMNED
« L'idée derrière ce livre, alors, était de découvrir exactement ce que c'est de vivre, et d'écrire, sous la pesanteur d'une telle attente » (Benjamin Cook)
Pesanteur est le mot qui convient pour résumer combien avoir en charge la destinée d'une icône telle que Le Docteur, qui a presque un demi-siècle d'Histoire, peut être un fardeau. Tout d'abord le poids des fans, de ceux que Davies a baptisé plutôt maladroitement les "ming-mongs". « J'ai parcouru Outpost Gallifrey pour lire combien je suis nul »... Russell T. Davies semble avoir un problème personnel avec Outpost Gallifrey (http://www.gallifreyone.com/), quand il décrit comment surfer sur ce forum a été une expérience quasi-traumatique pour la scénariste Helen Raynor, comme pour le compositeur Murray Gold. A cet égard, écrire un provocateur « Créer quelque chose n'est pas une démocratie. Les gens n'ont pas leur mot à dire » ne va certainement pas arranger les choses (et encore moins la remarque sur « l'inépuisable et impitoyable idiotie de la 'critique' sur internet » de l'écrivain renommé Philip Pullman dans sa préface pour le livre).
Ensuite, le poids de l'économie, depuis la très responsable préoccupation de ne pas gaspiller l'argent de la BBC (« Bien sûr que le problème du budget me terrifie. J'ai dépensé près de 500 millions de livres sterling, alors je vais devoir me calmer un peu. Où je pourrai bien leur demander de fermer BBC Three »), jusqu'aux réalités d'une franchise télé lucrative (à propos de yaourts aux fruits: « C'est le seul produit sous licence sur lequel Julie et moi étions hésitants, mais ce genre de choses peut valoir une fortune pour BBC Worldwide »). Enfin, le poids de décisions personnelles sur la quatrième saison. « Nous avions décidé que nous ferions une quatrième saison (la troisième de David [Tennant]) avec une fin impressionnante après laquelle on retirerait la série de l'antenne, juste pour un petit moment, à part le spécial. Comme ça on pourrait respirer un peu, puis une nouvelle équipe de production pourrait s'installer, trouver ses marques, et se préparer pour la saison 5 »...
A ce stade, la presse tabloïde se jette sur les plans de Davies et l'impression qu'on en retire est que l'équipe de Doctor Who a désespérement besoin des services de la Jenny Lewis de Primeval. Ce n'est pas la première fois, car il se souvient encore de la fuite à propos de Christopher Eccleston quittant la série. « On a plannifié ça de longue date »... mais les plans ne se déroulent pas toujours sans accroc: « ... quand David termine la saison 4, il part pour la Royal Shakespeare Company jouer Hamlet» et la production réalise qu'il ne sera pas dans la saison 4 à cause du calendrier. « ... je m'inquiétais du fait que David était personnellement tenu responsable pour 'l'année d'interruption', comme si on faisait ça pour qu'il puisse jouer Hamlet » Que dirait Francis Urquhart? (2)
Peter Fincham, controleur de la BBC à l'époque, s'inquiète aussi (« Pourquoi est-ce qu'on fait ça?! Pourquoi?! »): « J'ai dû aller dans le bureau extrèmement huppé de Peter Fincham, aujourd'hui, et lui expliquer pourquoi je ne serai pas sur une cinquième saison. Oh, il n'est pas content. C'était très délicat ». Les problèmes arrivent de toute part et Russell T. Davies s'inquiète également pour les équipes qui travaillent régulièrement sur la série, à Cardiff, après l'annonce que Doctor Who ne reviendrait pas avant 2010. Et un incendie ravage une partie des studios Cinnecittà Studios à Rome, où la production tournait l'épisode censé se passer à Pompeii - « Phil [Collinson, producteur] ne serait-il pas sorti pour fumer, et est-ce qu'il n'aurait pas laissé tomber sa cigarette? » demande candidement Benjamin Cook.
A LA CROISEE DES CHEMINS
« Steven, j'ai changé d'avis? Comment, 'Russell qui'?»
Journal subconscient de la saison 4, Doctor Who: The Writer's Tale est un instrument de choix pour une meilleure compréhension de ces moments de manipulation accrocheuse typiques du règne flamboyant de Russell T. Davies: la "Fille du Docteur" (« Allez, Russell, fuite ça et regarde internet exploser! »), le terrible "envoyez le clone" de la régénération avortée, le grand David Morrissey en Next Doctor dans une occasion manquée... Ce qui n'est pas compréhensible c'est ce moment anti-accrocheur dans la conversation entre "Invisible Ben" et Davies qui mène - « Quoi? Quoi? Quoiiii??? » - à l'abandon du cliffhanger de la saison, avec les Cybermen, au profit d'une bande-annonce après le générique de fin.
The Writer's Tale est une histoire de création et de créativité, un feuilleton corporatif, un roman d'aventure, une invitation à assister à la fin d'une époque pour la meilleure série de l'Histoire de la Télévision (avec un nouveau Docteur et une nouvelle équipe de production arrivant pour la saison 5), un tour de force du journaliste Benjamin Cook. C'est aussi un exercice de transparence pour Davies, auteur devenu de facto entrepreneur dans un environnement où piloter une institution telle que Doctor Who provoque souvent la controverse (« Nous avions besoin d'un désert. C'est aussi simple que ça » (3) ) - sur la voie tracée par le regretté John Nathan-Turner, le premier "showrunner" moderne de la franchise. Les 512 pages du livre ont du sens mais aussi de la sensibilité, lorsque la mère de David Tennant est évoquée, mais surtout dans la partie la plus émouvante de Doctor Who: The Writer's Tale: quand Howard Attfield, l'interprète du père de Donna Noble, doit être remplaçé par Bernard Cribbins (dans le rôle du grand-père de Donna), à cause de sa maladie.
Russell T. Davies va laisser les clés du Tardis à Steven Moffat, un autre représentant de cette génération brillante de scénariste qui rend la fiction télévisuelle britannique si unique. Queer as Folk a qualifié Davies en tant qu'auteur audacieux et novateur, et il a relançé Doctor Who pour ancrer la série dans les réalités de son époque. « Voilà la définition de Doctor Who. C'est la série qui revient ». Davies l'auteur va revenir après Doctor Who et on peut parier que le poids de notre attente égalera celui de ses propres attentes et de ses propres défis.
(1) A quand un livre réunissant exclusivement des dessins de Russell T. Davies sur la production de Doctor Who? A la manière du Will write and direct for food de Sir Alan Parker (http://thierryattard.20minutes-blogs.fr/archive/2008/05/1...).
(2) Personnage créé par le romancier Michael Dobbs, popularisé par la sublime interprétation de Ian Richardson dans la trilogie Château de cartes (House of Cards), et dont la phrase fétiche est: « Vous êtes libre de le croire, mais je ne puis faire de commentaire ».
(3) http://www.sfx.co.uk/page/sfx?entry=doctor_whobai
Doctor Who: The Writer's Tale (BBC Books/£30 - http://www.rbooks.co.uk/product.aspx?id=1846075718)
Site officiel de The Writer's Tale: http://www.thewriterstale.com/ (avec six scripts téléchargeables en format PDF).
15:04 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bbc, david tennant, doctor who, jane tranter, livres, russell t. davies, steven moffat, séries, the writer's tale, verity lambert
18.06.2008
TORCHWOOD - SAISON 1 (KOBA FILMS VIDEO)
Fondé par la Reine Victoria, l’Institut Torchwood est aujourd’hui encore chargé de contrer la menace extra-terrestre sous toutes ses formes. Dirigée par l’étonnant et charmeur capitaine Jack Harkness, l’antenne de Cardiff (Pays de Galles) est située sur une faille spatio-temporelle, point de départ d’aventures extraordinaires pour Jack et son équipe.Référence en matière de fiction télévisée patrimoniale française depuis l’ère de la VHS, Koba Films Vidéo s’est imposé comme l’éditeur incontournable en matière de fiction télé du Royaume-Uni. Non seulement Koba propose quelques classiques de la télévision britannique, tels Orgueil et préjugés et Jane Eyre, mais cet éditeur propose aussi le meilleur de la production contemporaine d’outre-Manche : Les Arnaqueurs VIP, Blackpool, La fureur dans le sang , ou encore Life on Mars.
Il est presque dans l’ordre naturel des choses que Koba Films Vidéo sorte le coffret de la saison 1 d’une série comme Torchwood.
GODS AND MONSTERS
« Avant que nous ne commencions le quatrième épisode de Quatermass II, nous voudrions préciser que selon notre opinion, celui-ci ne peut être regardé par des enfants ou par ceux d’entre vous qui seraient prédisposés à des problèmes nerveux. » (BBC, 1955)
Cela fait maintenant 55 ans que la BBC propose aux téléspectateurs du Royaume-Uni de la science fiction de qualité destinée à un public adulte. En 1953, alors que l’émetteur londonien d’Alexandra Palace arrosait d’ondes hertziennes les récepteurs de ce medium relativement nouveau qu’était la télévision (surnommée « la lanterne de l’idiot » par certains), le professeur Bernard Quatermass sauvait le Royaume de la menace venue de l’espace dans The Quatermass Experiment. La série en six épisodes consacra Nigel Kneale comme un des grands scénaristes de l’Histoire de la fiction télévisée britannique et celle-ci, à l’instar de ses suites (Quatermass II et Quatermass and The Pit), influença des séries telles que A for Andromeda (1961) ou Docteur Who.
« Un jour, je reviendrai. Oui, je reviendrai. Jusque là il ne faut ni regrets, ni larmes, ni angoisses. Avance avec toute ta conviction et prouve-moi que je ne me suis pas trompé. » (Le Docteur, The Dalek Invasion of Earth, 1964)
Bien que l’évocation de Docteur Who mériterait à elle seule plusieurs articles, rappelons que ce classique fut lancé par la BBC en 1963 à l’initiative de Sydney Newman (The Avengers) et que les aventures dans l’espace-temps du Docteur, son héros, un seigneur du temps capable de se régénérer (d’où sept acteurs différents !) se poursuivirent jusqu’en 1989 puis dans un téléfilm de 1996 (avec un huitième interprète).
Après une longue parenthèse la série a été relancée à Cardiff en 2005 par BBC Wales, la branche galloise de la Beeb, sous le haut patronage du scénariste et producteur gallois Russell T. Davies (Queer as a folk), de la productrice Julie Gardner et de Jane Tranter, responsable des dramatiques à la BBC. Christopher Eccleston puis David Tennant y interprètent respectivement le neuvième puis le dixième Docteur.
CAPITAINE JACK HARKNESS
« De l’œstrogène, c’est sûr. On prend la pilule, on tire la chasse, et le cycle de l’eau féminise les poissons. Ca remonte dans le ciel et ça me retombe dessus. Des contraceptifs dans la pluie. J’adore cette planète. Au moins je ne tomberai pas enceinte de nouveau. » (Capitaine Jack Harkness)
Le capitaine Jack Harkness apparaît pour la première fois dans l’épisode The Empty child, de la saison 1 de la nouvelle version de Docteur Who. Jack, censé être un volontaire américain engagé dans la RAF, a le physique ravageur de John Barrowman chanteur, danseur et acteur écossais (élevé dans l’Illinois) habitué des comédies musicales du West End.
Barrowman crève littéralement le petit écran dans le rôle de cet ancien agent du temps [l’existence des agents du temps a été évoquée pour la première fois, dans la série « classique », NDA] devenu arnaqueur spatio-temporel, qui croise le Docteur (Christopher Eccleston) et Rose Tyler, sa compagne de voyage (Billie Piper) en 1941 et termine la saison avec eux.
« Un engagé dans la RAF, escadron 133, mais il a disparu. Envolé, présumé mort.
- Quand ça ?
- En 1941, en plein Blitz. »
(Yvonne et Gwen)
La popularité de ce voyageur du temps venu du 51ème siècle, aventurier, escroc, ouvertement bisexuel (« On mettrait des lustres à compter mes ex »), est telle auprès des différentes catégories de téléspectateurs qu’elle favorise le développement d’une série dérivée de Docteur Who qui le mettrait en vedette dans un nouveau contexte. Cela fournit à Russell T. Davies un excellent prétexte pour ressortir de ses cartons une idée de série de science-fiction pour adultes dans la veine de séries américaines comme Buffy contre les vampires ou Angel.
BAD WOLF II
« Torchwood 1 était à Londres, détruit dans la bataille. Torchwood 2 est à Glasgow. Ils sont étranges. Torchwood 3, Cardiff. Torchwood 4 a disparu mais on le retrouvera. » (Capitaine Jack)
L’institut Torchwood est fondé en 1879 par la Reine Victoria à la suite des évènements de l’épisode 2 de la saison 2 de Doctor Who. En 2006 , le Premier Ministre Harriet Jones demande à l’organisation de détruire le vaisseau Sycorax quittant la Terre après que le Docteur nouvellement régénéré (David Tennant) ait mis un terme à L’invasion de Noël (le spécial de Noël qui précède la saison 2).
A la manière des références au Bad Wolf dans la saison précédente, des allusions à Torchwood sont disséminées dans la deuxième saison de Docteur Who jusqu’au climax de la bataille de Canary Wharf, au cours de laquelle la branche londonienne de l’institut est anéantie. Pour Torchwood, c’est désormais à Cardiff que ça se passe, sur une faille dans l’espace et le temps située en dessous de cette métropole galloise et mentionnée d’abord dans les épisodes 3 et 11 de la saison 1 de Docteur Who.
« Les Experts : Cardiff. J’aimerais voir ça. Qu’ils mesurent la vélocité d’un kebab. » (Police Constable Andy)
Alors que l’officier Gwen Cooper, de la police de Cardiff (Eve Myles, remarquée en Gwyneth dans l’épisode The Unquiet dead de Docteur Who), et son partenaire, le PC Andy (Tom Price), sont sur les lieux d’un crime, le travail de la police est interrompu par l’arrivée des membres de la mystérieuse organisation Torchwood : Suzie Costello, officier en second interprétée par Indira Varma (vue dans Basic Insinct 2, cf. http://thierryattard.blog.20minutes.fr/tag/Basic+Instinct+2), le docteur Toshiko « Tosh » Sato – experte en informatique (Naoko Mori, régulière de Absolument fabuleux et déjà interprète du personnage dans l’épisode Aliens of London de Docteur Who), le docteur Owen Harper (Burn Gorman), Ianto Jones (Gareth David-Lloyd) – logisticien et surtout… le capitaine Jack Harkness, le leader de l’équipe, qui ne peut pas mourir (« Un jour je trouverai un docteur qui m’expliquera »). La curiosité de Gwen et un concours de circonstances vont faire d’elle le nouveau membre de Torchwood Cardiff.
« Comparée à Docteur Who, cette série se passe vraiment à Cardiff » dit le créateur de Torchwood. La capitale galloise y est présentée comme un centre urbain moderne et la base de Torchwood, le « Hub », est censée être située sous le Wales Millennium Centre. Un choix approuvé par le parlementaire conservateur Michael Gove comme par les habitants de Cardiff eux-mêmes (sensibles aussi à des clins d’œil comme le gag récurrent sur le quartier de Splott), les touristes ayant fait de l’endroit et de sa fameuse tour d’eau un des lieux les plus visités du Royaume suite au succès de la série.
SEX PLEASE, WE’RE BRITISH
« Vous verrez de l’amour, vous verrez de l’action, vous verrez des aliens. » (John Barrowman)
Imaginé en fait avant le retour du Docteur, Torchwood est pour Russell T. Davies « une façon de présenter une série plus adulte et paranormale en deuxième partie de soirée » (dixit Julie Gardner). En anglais, « post-watershed », ce watershed étant la limite au-delà de laquelle on peut montrer du contenu adulte à la télévision dans les pays anglo-saxons, la limite de permissivité étant définie au Royaume-Uni par l’Ofcom (Office of Communications, l’autorité de régulation) comme débutant à partir de 21 heures !
Docteur Who, série-mère de Torchwood, est pourtant loin d’être infantile. L’activiste moraliste Mary Whitehouse (1910-2001) avait fait de la série « classique » une de ses cibles favorites dans les années 1970 et le show était réputé comme la série que l’on regarde « caché derrière le sofa » (« Behind the sofa » est même rentré dans le langage courant). Torchwood a pour point commun avec la nouvelle version de Doctor Who d’inscrire la science-fiction dans un cadre réaliste et contemporain (Rhys, le compagnon de Gwen, lui demande d’enregistrer un épisode de l’émission Wife Swap), mais dans un style que Russell T. Davies a voulu « sexy, sombre, dangereux » .
« Et voici Ianto Jones. Il nettoie derrière nous et nous permet d’arriver à l’heure.
- Je fais de mon mieux.
- Et il est beau en costard.
- Attention, c’est du harcèlement. »
(Jack et Ianto)
Si le premier épisode se limite à l’égorgement à coup de dents d’un brancardier (« On dirait Hellraiser. C’est la grande classe ») par une créature extra-terrestre – un Weevil, sorte de cousin germain des Morlocks de La Machine à remonter le temps – et à un baiser homosexuel, l’épisode 2 annonce clairement la couleur avec cette jeune fille possédée par un alien qui se nourrit exclusivement de l’énergie de l’orgasme. « Dans Torchwood tout le monde flirte » dit John Barrowman et Russell T. Davies estime que « La science fiction est trop centrée sur l’hétérosexualité », les personnages sont donc confrontés à des situations et des sentiments qui font que leur sexualité franchit les limites des conventions. Comme Tosh, séduite par une extra-terrestre manipulatrice qui veut s’infiltrer dans la base de l’organisation.
« Si c’est quelqu’un qui nous en veut ça fait juste quatre ou cinq millions de personnes. » (Owen Harper)
Ça c’est pour le sexy car au rayon sombre et dangereux le capitaine Jack et son équipe affrontent une cyberwoman (« Ces trucs ont fait tomber Torchwood 1 » ), des fées démoniaques redoutée par le vaillant Jack lui-même, des cannibales, un membre renégat de Torchwood avec un agenda caché, un étrange trafiquant temporel d’antiquités (Billis Manger, interprété par un acteur intéressant du nom de Murray Melvin – dont le physique rappelle le grand Colin Jeavons) et la bête de l’Apocalypse. « J’aimerai bien entrer dans une tente et tomber sur une fête avec à manger et à boire, des gens qui dansent » regrette Jack.
KOBA PRINCIER
« De la tv britannique comme vous n’en avez jamais vu. » (John Barrowman)
Koba Films Vidéo a compris qu’elle ajoutait à sa couronne un joyau de science-fiction original plein d’action, d’extraordinaires effets spéciaux, d’humour (« Dis-leur qu’il est mort en baisant un alien ») et d’émotion (« Un jour j’aurai l’occasion de vous sauver et je vous regarderai mourir » ). Le coffret DVD français de la saison 1 est par conséquent traité avec tout le respect dû à un titre culte, sur quatre disques comportant en sus des épisodes une quantité inhabituellement somptueuse de bonus tirés de Torchwood Declassified (les coulisses de la série, diffusés en parallèle de Torchwood au Royaume-Uni) ou du coffret DVD anglais.
« J’en ai marre du S.U.V. » (Julie Gardner, co-productrice exécutive)
Au menu, une introduction à la série où on apprend de Julie Gardner que les épisodes sont tournés par blocs de 2 et qu’une grosse partie du deuxième épisode a été tournée avant le premier. Un Making of de 15 minutes avec entre autres une instructive séance de lecture de scénario – la fameuse scène des pizzas (Jack : « Avant de continuer, qui commande des pizzas au nom de Torchwood ? » Owen : « Euh… C’est moi. Désolé, je suis con. ») Une featurette de cinq minutes sur les fées de Small Worlds, un épisode écrit par Monsieur Peter J. Hammond, créateur de Sapphire and Steel, grand classique de la télé britannique. Et bien d’autres choses dont dix minutes sur le maintenant célèbre véhicule de Torchwood (« La moitié ne fonctionne pas mais ça rend bien » ) et le savoureux et drôle « Journal du Capitaine Jack Harkness ».
Cerise sur le gâteau, le coffret dvd français est un objet absolument magnifique. Le traitement princier de la série par Koba (quoi de plus normal avec un nom pareil) contraste inévitablement avec les tristes coffrets français de la nouvelle version de Docteur Who, lesquels ne comportent même pas les épisodes spéciaux de Noël. La seule réserve concerne un point dont l’éditeur n’est pas responsable : le doublage de la série, réalisé en Belgique.
« Notre équipe se plaint souvent de vous. » (Swanson)
Si le talent des comédiens et des professionnels locaux n’est absolument pas en cause (l’excellent Sébastien Hébrant doublait déjà le capitaine Jack dans Doctor Who), la version française souffre des habituels problèmes d’adaptation (dont avait largement pâti Life on Mars). On aurait souhaité que Torchwood bénéficie des mêmes soins que ceux apportés par le directeur artistique et comédien David Macaluso au doublage de la saison 3 de Doctor Who. La version originale sous-titrée (ad hoc pour le coffret) est donc comme souvent recommandée.
Diffusé au Royaume-Uni sur BBC Three et BBC Two (cf. http://doctorwho.xooit.fr/t338-Dossier-Recapitulatif-des-...), Torchwood doit se cantonner en France aux ornières d’une TNT que tout le monde est loin de recevoir avec une diffusion sur NRJ 12 et une rediffusion sur la chaîne câblo-satellitaire Canal Jimmy. Le coffret de Koba Films Vidéo est donc une très bonne raison de découvrir – sans forcément connaître Doctor Who – ou redécouvrir la saison 1 de cette série hors norme.
Des acteurs fantastiques, une production et une réalisation très soignées, une musique sublime de Murray Gold et Ben Foster (http://www.doctor-who.fr/d_itw_foster.php), le grand John Barrowman... « Tout va changer au 21ème siècle et il faudra être prêt » explique Jack à Gwen Cooper. En ce 21ème siècle les meilleures séries télévisées au monde sont définitivement britanniques… et les gens de Koba sont prêts.
« Allons y » (Le Docteur, en anglais dans le texte)
Saison 2: http://thierryattard.20minutes-blogs.fr/archive/2009/04/0...
22:18 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bbc, koba, dvd, doctor who, russell t. davies, torchwood










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